jeudi 25 mars 2010

Across the Universe, de Julie Taymor




Dans les années 30, au cinéma, un nouveau genre vu le jour à Hollywood : la comédie musicale. Beaucoup de grandes stars tels que Fred Astaire, Ginger Rogers, les Marx brothers, ont passé devant la caméra en chantant leurs amours déchus, leurs joies et leurs peines. Le genre a perduré durant toutes les autres décennies, tout en étant en harmonie avec leur époque, leur style. Aujourd’hui, la comédie musicale existe toujours et ne cesse de se renouveler. En seulement quelques films, la réalisatrice, et surtout l’artiste, Julie Taymor compose un univers propre à elle qui se tourne cette fois-ci sous forme de comédie musical (elle a déjà tourné la biographie d’une célèbre artiste-peintre nommé Frida et une tragédie shakespearienne, Titus). Son film, Across the universe, parle d’une histoire d’amour déchirante durant la guerre du Vietnam. Depuis son tout début, et même encore aujourd’hui, le cinéma a été l’objet d’innombrable discussions à propos de sa spécificité, et de sa relation avec les autres arts. En incorporant les autres arts, le cinéma reste-t-il encore du cinéma? Et bien oui. Le cinéma affirme son autonomie qu’il est un art à lui seul, et en même temps il réfléchit sur sa représentation, en suscitant les autres arts. Dans ces cas-ci, le cinéma est auto-réflexif. Avec Across the universe, Taymor crée un nouveau style pictural à sa pellicule en incitant que toutes les formes d’arts n’ont rien perdu de leur force d’éblouir et de surprendre. En effet, son dernier film incite beaucoup sur la musique, mais aussi sur la peinture et bien sûr comme tout film musical, le théâtre.

L’effet musical dans Across the universe
L’intérêt premier de Across the universe se situe surtout au niveau de la musique. En effet, pour ne pas le cacher celui ci reste une comédie musical, ou plutôt un drame musical. L’originalité premier du scénario vient tout d’abord de la façon que les chansons y sont amenées : Taymor a choisit de réaliser un vibrant hommage au groupe The beatles. Pour ce faire, elle a réunit pas moins de 34 chansons du groupe et créé une histoire et des personnages qui font échos aux textes des chansons. Vu le succès grandissant du groupe, d’autres films ont été fait avec une trame sonore qui comprend uniquement des chansons du groupe, notamment le film The yellow submarine de Georges Dunning en 1968 ou bien encore It’s a hard day’s night en 1964. Dans le texte La musique au cinéma , Michel Chion dit que la musique a l’immense avantage d’être cet élément libre dont la présence et les moments d’intervention ne sont pas assujettis à des règles de vraisemblance, tenus d’être justifiés par un élément concret du scénario. C’est ici que se porte la force des comédies musicale; celle d’être invraisemblable, mais d’y croire quand même. Le spectateur sait que le but du récit n’est pas d’être ancré dans la réalité pure, mais d’avoir les même émotions que le personnage quand il chante. Au fil des années, la comédie musicale a commencé à présentée des films qui se passait sur scène, au music-hall, pour conduire le spectateur de plus en plus vers la rue, plus près de lui. Le spectateur peut donc se reconnaître plus en la personne de la rue que la star.

Le film commence donc avec le personnage de Jude chantant la chanson Girl sur une plage. Dès les premiers instant, le spectateur sait à quoi s’attendre : une histoire d’amour déchirante entre un jeune homme et une jeune femme. Les chansons parlent bien évidemment des sentiments des personnages, mais va encore plus loin en s’imprimant dans l’époque donné; soit celle de la guerre du Vietnam (influence évidente d’une autre comédie musicale; Hair de Milos Forman) .Le générique du début met le spectateur dans le contexte, en montrant des images d’archives sur fond d’une chanson des Beatles. Au-delà des images d’archives démontrant les horreurs de la guerre, une vague suit le rythme de la mélodie, l’histoire du film racontant bien évidemment les haut et les bas d’une inconditionnelle histoire d’amour. Par la suite, la caméra fait un traveling circulaire en plongée, et nous fait la présentation des personnages principaux. Le film peut donc commencer.

Dans son essai, La comédie musicale Hollywoodienne , Rick Altman place la comédie musicale dans trois sous-genre : la comédie-conte de fées, la comédie spectacle et enfin la comédie-folklore. Il dit aussi ceci : Chaque sous-genre utilise un médiateur différent entre la réalité du spectacle et le monde auquel il aspire. Ce qui est intéressant avec Across the universe, c’est que le film pourrait s’insérer dans les trois catégories. La comédie-conte de fées consiste de nous projetés dans un passé culturel mythique (guerre du Vietnam), dans un décor majestueux. La guerre des sexes est prédominante, l’histoire se finit toujours bien, et bien sûr l’amour finit par triompher. La comédie-spectacle se passe la plupart du temps sur une scène de spectacle, en coulisse. Dans le film de Taymor, quelques scènes se passent sur scène notamment au début avec la chanson Hold me tight ou encore avec les scènes nombreuses du spectacle de Sadie, la chanteuse et propriétaire de l’immeuble ou vivent les principaux protagonistes. Enfin, La comédie-folklore remet au goût du jour les valeurs de l’époque données (le foyer familial, le patriotisme, etc)..

Le mouvement, le rythme musical… et la danse
La mise en scène concernant le rythme musical fourmille d’idées. Pas seulement concernant la musique, mais aussi des sons et des mouvements des comédiens. Dans une des scènes, l’aiguille d’une horloge suit le rythme de la chanson It won’t be long . Pendant la chanson A little help for my friends, un des comédiens se met à jouer de la batterie dans les airs suivant la cadence et même chose pour un vieillard qui joue de la batterie sur des couvercles de poubelles pendant la chanson Hey Jude. Le son ayant ici une grande importance. Les personnages aussi mettent le rythme grâce à leurs mouvements, notamment dans les nombreuses scènes urbaines lors de parade ou des foule. Par exemple, cette scène ou Max va passer les tests pour l’armée. La scène est très vivante. Sur l’air de I want you, les soldats font tous les mêmes mouvements tout en suivant la musique. Cette scène ressemble aussi à l’arrivé d’un autre personnage, Jojo, qui, sur l’air de Come together, traverse la ville en croisant pleins de gens dansant sur le même rythme. Les rythmes et mouvements font pair pour nous offrir un spectacle digne de ce nom. Mais qui dit mouvement dit aussi danse. Et de la danse il y en a beaucoup dans le film. De la danse des vagues parmi les images d’archives durant le générique, jusqu’à cette danse du corps entrelacé durant la chanson Lucy in the sky with diamonds au générique de fin, le long métrage, comme la plupart des comédies musicaux, contient quelques scènes de danse. Dans son texte intitulé Cinéma de danse, Andrée Martin dit de ce genre qu’il crée un langage au-delà du langage (…) un langage visuel du geste, loin du discours, plus près du corps et de sa symbiose avec l’image. Une expression communicatrices d’états, de sensations, d’idées, à travers une infinité de signes et de symboles. Elle continue en classifiant deux genre : la danse au cinéma et le film de danse. Beaucoup de films utilise la danse comme une esthétique relié au corps et au geste, le plus souvent dans une parfaite harmonie dramatique. La danse dans le film de Taymor est souvent associée à l’environnement, l’époque ou bien encore les sentiments des personnages. Les personnages n’ont plus de corps, se livrent à eux même dans un mouvement qui n’est pas naturel, mais fonctionne à tout coup. Une des merveilleuse scène de danse au cinéma, largement copié mais jamais égalé, reste sans aucun doute celle du début de West side story de Robert Wise ou deux gangs, les Jets et les Sharks, s’affrontent dans un duel de danse.


Le théâtre
Deuxième élément artistique évident dans le film, comme dans tout autre film à saveur musical, le théâtre. Comment fait-on pour ancrer le théâtre dans un monde aussi réaliste ( celle d’une importante partie de l’histoire des États-Unis)? Tout simplement en disant que la vie ressemble à un théâtre, une scène (William Shakespeare lui même disait cela). On y présente, sous différentes facettes, la théâtralité dans la vie (la scène du quotidien), mais aussi sous forme de rêve, d’hallucinations (causé certainement par les personnages et leurs façons de voir le monde, mais aussi causé par le début des hallucinogènes et des drogues dures comme étant une mode pour les jeunes). Comme par exemple, la scène du Dr Robert, joué par le chanteur Bono qui incarne un auteur de livre très hippie qui veut propager la bonne nouvelle, est assez éloquente de ce propos. Dans cette scène, tout est sujet au théâtre, le Dr. Robert étant le metteur en scène et les jeunes les comédiens. Dr. Robert dirige tout. De la partie musical jusqu’à cette fameuse promenade en autobus. Dans une autre scène, le cirque prend la forme de théâtre. Dirigé ici par Mr. Kite, cette scène est sûrement la plus significative. Des comédiens, des acrobates, des créatures envahissent littéralement l’écran pour nous donner un spectacle au spectateur, mais aussi pour donner ce même spectacle aux personnages du film qui, quelques minutes plus tôt, étaient eux même les comédiens du Dr. Robert. Tout ça dans l’esprit encore une fois des hallucinogènes et des drogues. Cette scène ressemble d’ailleurs à un film réalisé par Georges Dunning en 1968, The yellow submarine. Réalisé en dessin animé, le film de Dunning est très proche de cet univers du cirque, du spectacle, de la mise en scène.

Éléments somme toutes importants au théâtre, la scène. Cette scène représente ici beaucoup l’univers musical. Quelques chansons sont représentées sur une scène de spectacle, notamment celle du début; parallèlement les personnages principaux chantent la même chanson, mais dans un lieu et un contexte différents. La chanson Hold me tight est chanté simultanément par Jude à Liverpool en Angleterre et par Lucy aux États-Unis. Cette scène est représenté d’une façon luxuriante et vivante au États-Unis et d’une manière sombre et renfermé avec des couleurs froides en Angleterre. D’ailleurs chaque entrée des personnages est symbolisé par une chanson qui le représente. Au théâtre, le comédien est souvent présenté d’une manière particulière. Ici la chanson remplace sans aucun doute le monologue, le personnage allant dans un coin et chante son maux ou sa joie de vivre. Le meilleur exemple est celui de la chanson I wanna hold your hand chanté par le personnage Prudence ou on apprend qu’elle a un secret bien gardé; celui d’aimer le même sexe qu’elle. Ce secret sera révélé aux autres personnages que plus tard dans le film, mais nous, spectateur, le savons déjà. En effet, il va être dévoilé lorsque ses amis vont la sortir du placard (et c’est le cas de le dire), lorsqu’ils chantent la chanson Prudence qui raconte l’histoire d’une femme enfermé sur elle-même. Le

Les mouvements du corps et le jeu font ressortir la théâtralité du comédien. En effet, ses gestes ressortent de l’ordinaire, sont souvent exagéré, très près des clichés. Il y a ici un refus total du réalisme. Par exemple dans leur manière d’incarner leurs personnages. Le personnage de Max est sûrement le personnage le plus vivant du film à cause de la façon dont il agit avec les autres personnages, très près du comédien de théâtre. Au théâtre, on joue sur une scène avec des décors que l’on fabrique. Au cinéma, on joue aussi sur une scène, mais qui est beaucoup plus près du réel (la scène de la vie). Cet espace scénique, il y en a beaucoup dans Across the universe. On traite l’espace réel de façon artificiel pour que les personnages puissent y jouer de manière plus théâtraux. Grâce à la caméra, le public sont au centre de cette scène, témoin de ce qui arrive aux personnages.

Shakespeare? Who is Shakespeare?
Une autre chose intéressante ici est le lien avec le premier long métrage de la réalisatrice : Titus, adaptation moderne d’une pièce de William Shakespeare. En effet, Shakespeare hante Across the universe tant le lien avec Roméo et Juliette peut paraître assez évident. Le film raconte une histoire d’amour entre deux personnes pour qui les différences sociaux ne peut faire un. Jude vient d’un quartier pauvre dans une banlieue tout ce qu’il y a de plus banale dans une petite ville de l’Angleterre et il gagne durement sa vie en tant que matelot. Lucy est une fille d’un riche avocat de renommé. La séparation est imminente, ils ne peuvent habiter ensemble. Après la séparation, les deux protagonistes se rendent compte qu’ils sont fait l’un pour l’autre. Et comme dans cette fameuse scène de la fenêtre ou Roméo dit son amour à Juliette, Jude chante la chanson All you need is love. Juliette perchée à sa fenêtre écoute son Roméo lui dicter son amour à grands coups de proses, tandis que Lucy se rend compte de son erreur en écoutant Jude lui chanter des couplets d’amour. Juliette à sa fenêtre, Lucy à son balcon. Il y aurait donc du Shakespeare chez madame Taylor.

La peinture selon Julie Taymor
Autre élément très dominant dans le film, son aspect pictural. Étant elle-même artiste et après avoir étudier en histoire de l’art, Julie Taymor rend un délicieux hommage à cette art qui est la peinture. Un hommage qui se veut avant tout dans la composition de ses images, mais aussi de ses couleurs vives et éclatés. Dans le recueil de textes d’essai Les autres arts dans l’art du cinéma , Alain J.J. Cohen questionne l’image picturale dans le film comme une figure tantôt poétique, tantôt objet du récit, motif ou topos, objet dans le cadre ou raison d’être du cadrage, art ou philosophique de l’art. On retrouve beaucoup de ces éléments dans le film de Taymor : décors, paysages, cadrages rappelant certaines peintures de différentes époques, etc. Tout ça et même encore plus suscite la peinture. Elle rend par exemple un très bel hommage au pop art et à cette culture américaine du début des années 70, mais aussi à Hooper et tout ses artistes peignant la vie urbaine et rurale des États-Unis et de l’Angleterre (pays du personnage principal, Jude). Rick Altman, dans La comédie musicale hollywoodienne , dit deux choses à propos des décors qui est constituée d’aspect de la scène américaine transformée par les arts populaires: (…) d’une part l’élaboration de décors à partir des conventions de la peinture, de la gravure, de la photographie américaine, et de l’autre, l’utilisation de décors naturels, les lieux étant choisis, de manière à évoquer un référent cinématographique ou toute autre illustration. Le décor s’inspire beaucoup de la peinture comme par exemple ce bleu ciel ou se fondent les personnages qui chantent lors de la scène du placard avec Prudence, la jeune asiatique. Ou bien encore toutes ses scènes ou les paysages sortent de l’ordinaire, ou bien d’une toile.

Sa caméra est aussi comme son pinceau; en perpétuelle mouvement. Par exemple, ce traveling circulaire qui part en haut d’une cage d’escalier d’un immeuble et se rend jusqu’en bas, pareillement lors des légers traveling qui entourent les personnages lors des chansons. Ou bien encore lors de la scène de la chanson Across the Universe chanté par Jude : la caméra filme des gens ordinaire dans leur banalité quotidienne qui est celle d’attendre dans un métro d’être à leur destination. Taymor est ici influencé par les réalistes, courant du XIXe siècles, et peint ce tableau vivant. On peut presque voir les coups de pinceaux dans les visages des gens tellement ceux-ci sont pris en gros plan. C’est justement ce choix esthétique, et technique, qui fait qu’on se croit vraiment en train de regarder une toile. Durant tout le film, la caméra reste rarement fixe, comme si la réalisatrice peignait son œuvre en direct devant son public.

Le choix des couleurs et de l’éclairage sont des éléments très important dans la peinture, et le sont tout autant au cinéma. Dans Across the universe, les couleurs primaires sont très importantes; le rouge, le bleu et le jaune. Dans beaucoup de scènes, ils sont très prédominantes, notamment dans les parties plus psychédélique ou l’image a été retravaillé, redessiné même par ordinateur à l’aide d’une technique très efficace. Les couleurs sont pétillantes et même assez hallucinante par moments. Ce qui confère une autre dimension de la façon de présenter une histoire, une image en mouvement. Vers le milieu du film, les couleurs sont plus dans les tons de brun et de noir, le récit allant de ce côté aussi, c’est-à-dire plus sombre. Outre les couleurs, l’éclairage diffère aussi dans le film. Par exemple, dans le pays de Jude, l’Angleterre, le ciel est toujours taciturne, obscur. Au contraire, au pays de Lucy, l’éclairage est lumineux, vivant, éblouissant. On joue aussi sur l’expression des personnages comme lorsque Jude est en prison, l’ombre des barreaux apparaissent sur son visage connotant son côté triste, noir. Une influence très expressionniste.

Autre manière de susciter la peinture, très évident ici, vient du personnage de Jude qui est lui même un peintre. En Angleterre, trop occupé à s’occuper de sa mère qui vit seul, il décide de ne pas faire d’étude en art et d’aller travailler comme matelot. Rendu aux États-Unis, il en fait enfin un métier. C’est alors que son goût pour la création artistique commence (d’ailleurs son appartement est remplie de dessins, de croquis et de peinture). Beaucoup de scènes sont ici représenté quand il pratique son art. Comme par exemple, il fait le portrait nue de sa petite amie, Lucy, pendant qu’elle dort. Ou bien dans une autre scène, il essaie tant bien que mal de reproduire une nature morte , soit une assiette remplie de fruits. Quelques minutes plus tard, il réalise une œuvre après avoir vu une autre assiette remplie cette fois-ci de fraise. C’est alors que, comme un Jackson Pollock et son Dripping, il se met en colère après s’être chicané avec Lucy et conçoit une œuvre en lançant des fraises sur une toile. La fraise devient donc un symbole de colère, mais aussi d’amour. Jude est totalement amoureux de Lucy, mais des complications entre eux vont s’avérer fatales pour l’un et l’autre. À partir de ce moment, la fraise va devenir un élément important. Dans une de ses créations, l’artiste parvient à créer son chef-d’œuvre ultime, soit la succession de vraies fraises sur une toile. Chaque fraise est percée et dégouline de son liquide rouge, symbole de la colère et du sang, mais aussi de l’amour éternel qu’il a pour elle. Cette même toile fait aussi référence au Pop art et aux tableaux de Andy Warhol en ayant comme principe de représenter la même image selon des proportions égaux l’un à l’autre (les boîtes de conserves, James Dean, Elvis Presley ou Marilyn Monroe sont remplacés ici par les fraises). Les fraises reviennent une toute dernière fois à la toute fin du film en logo pour la compagnie d’enregistrement de Sadie. Jude étant évidemment l’artiste-peintre qui a crée cet insigne.

La question de montrer des œuvres picturales devant la caméra est aussi très intéressante. Par exemple, le personnage Jojo marche dans la rue et passe devant un mur remplie de graffiti. Le mur fait ici fait référence à une découverte, une illusion cinématographique. Le personnage n’est pas dans un décor réel, mais devant une peinture, un trompe-l’œil. Alain J.J. Cohen, dans Les autres arts dans l’art du cinéma , dit dans son essai à ce propos que la caméra pointe alors un tableau dans un panoramique pour signaler art de vivre ou richesse des personnages. Cet art de vivre, comme le dirait si bien Cohen, il en a beaucoup dans Across the universe. Il fait bon vivre quand l’art est à nos côtés.


A la lumière de tout ceci, le cinéma perd-il toute sa spécificité quand autant d’éléments artistiques se mêlent l’un aux autres? Le cinéma peut-il être appelé cinéma que lorsqu’on parle de cinéma? Bien sûr que non. Le cinéma est un art. Et cet art n’est que l’addition de tous les autres. Sans le théâtre, la musique, la peinture, l’architecture, ou tout art susceptible d’être appelé un art, il n’existerait sans doute pas. Alors pourquoi pas faire un vibrant hommage à tous ces formes artistiques en les mettant tous, selon un ordre et équilibre, dans le même film. C’est ce que Julie Taymor a expérimenté en réalisant Across the universe qui se veut par l’effet même un hommage au plus grand band de l’histoire du rock’n’roll, The Beatles…

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